January 13, 2026

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Investissements étrangers en Afrique: comment la corruption freine la croissance et quelles solutions peuvent protéger les investisseurs

Entretien spécial avec Samuel Shay, entrepreneur et conseiller économique senior auprès du Traité des Accords d’Abraham et du programme de développement IMEC.

À travers l’Afrique, les investissements étrangers ont atteint l’un de leurs niveaux les plus bas depuis plusieurs décennies. Malgré des ressources naturelles immenses, une population jeune et un potentiel de développement considérable, les investisseurs internationaux se retirent ou évitent complètement le continent. La raison centrale devient de plus en plus claire: l’incapacité à protéger les investissements face à la corruption, aux ingérences politiques et à la faiblesse des structures de gouvernance locale.

Dans un entretien exclusif avec Samuel Shay, entrepreneur et conseiller économique senior des Accords d’Abraham, nous avons exploré les raisons de l’effondrement des investissements étrangers en Afrique et les mécanismes susceptibles de restaurer la confiance. Shay, qui travaille depuis des années avec des gouvernements africains, des entreprises internationales et des institutions globales, décrit une crise systémique qui nécessite à la fois une réforme technologique et législative.

Un décalage fondamental: des investisseurs de bonne foi face à des systèmes locaux corrompus

Selon Shay, la plupart des investisseurs étrangers arrivent en Afrique avec des intentions positives: construire des infrastructures, développer l’agriculture, renforcer les économies locales et créer de la valeur à long terme. Mais dans de nombreux pays africains, dès que des fonds étrangers arrivent, une autre dynamique se met en place. Des responsables locaux, des intermédiaires ou des acteurs politiques tentent de détourner des fonds, de manipuler les marchés publics ou de s’insérer dans les circuits financiers.

Shay souligne que ce phénomène est rarement observé avec une telle intensité en Europe, en Asie ou au Moyen Orient. Il s’agit d’un défi structurel unique qui détruit la confiance et rend l’investissement presque impossible. En conséquence, dit-il, de nombreuses entreprises préfèrent désormais opérer seules, sans aucune implication des autorités locales. Bien que cette approche réduise les risques de corruption, elle limite aussi l’ampleur des projets et exclut la participation locale, indispensable dans les projets nationaux.

Pourquoi les protections existantes échouent

Shay note que la plupart des pays africains ne disposent pas de mécanismes fiables pour protéger les investisseurs. Les systèmes judiciaires sont faibles, les tribunaux commerciaux manquent de crédibilité, les lois anticorruption ne sont que théoriques et l’application est minimale. L’arbitrage international est coûteux et inefficace lorsque les gouvernements refusent simplement de s’y conformer.

Le résultat, comme le souligne Shay, est une perte quasi totale de confiance des investisseurs.

Les données confirment la tendance

Les rapports récents de la Banque mondiale, de la CNUCED et de l’OCDE montrent une chute spectaculaire des investissements étrangers sur le continent. Parmi les constats clés:
• Une baisse de plus de 40 pour cent des investissements étrangers depuis 2015
• Plus de 70 pour cent des investisseurs citent la corruption comme principal obstacle
• Seule une poignée d’États africains obtiennent un niveau minimal de confiance judiciaire
• Plus de la moitié des grands projets récents ont été stoppés ou annulés en raison d’ingérences politiques

Shay insiste que ces chiffres reflètent une crise structurelle, et non un ralentissement temporaire.

L’Afrique peut elle redevenir une destination sûre pour les investisseurs?

Shay pense que oui, mais cela exige une réforme profonde fondée sur trois piliers.

Pilier 1: des systèmes de contrôle technologiques

La technologie moderne peut pratiquement éliminer les possibilités de corruption. Shay insiste sur l’importance d’adopter la gestion financière basée sur la blockchain, les contrats intelligents, les autorisations biométriques et le suivi de projets par IA.

Avec ces systèmes:
• Tous les paiements deviennent traçables et infalsifiables
• Les fonds ne peuvent être libérés sans autorisation à plusieurs niveaux
• Les marchés publics sont automatisés
• Les investisseurs peuvent suivre le projet en direct

Selon Shay, ces outils existent déjà et pourraient transformer l’environnement de transparence si les gouvernements les adoptaient.

Pilier 2: une législation stricte avec des sanctions sévères

L’Afrique doit adopter des lois de protection des investisseurs qui rendent les responsables publics personnellement comptables. Shay décrit les réformes nécessaires:
• Tribunaux commerciaux indépendants
• Peines sévères pour corruption liée à l’investissement étranger
• Traités internationaux d’investissement juridiquement contraignants
• Responsabilité personnelle pour les ministres ou fonctionnaires qui violent les accords

Il affirme que sans base légale solide, même la meilleure technologie ne suffira pas à protéger les investisseurs.

Pilier 3: un cadre international de sécurité des investissements

Shay recommande la création d’un système de protection régional ou continental soutenu par des institutions financières internationales. Celui ci pourrait inclure:
• Des administrateurs tiers pour la gestion des fonds
• Des comptes séquestres gérés hors du pays hôte
• Des audits internationaux indépendants
• Une assurance contre le risque politique conditionnée à la performance

Ces garanties permettraient aux investisseurs d’engager des capitaux sans s’exposer à des risques institutionnels extrêmes.

Le défi culturel: l’éducation avant la croissance

Shay souligne également un problème plus profond: une normalisation culturelle de la corruption dans les systèmes publics. Il insiste sur le fait que le changement durable dépend de la formation des fonctionnaires, de normes de responsabilité publique et d’une compréhension nationale que la réussite des investisseurs sert l’intérêt du pays.

Conclusion

Selon Shay, l’Afrique se trouve à un tournant. Elle peut adopter la transparence technologique, une législation rigoureuse et une supervision internationale, ou continuer à perdre les capitaux étrangers nécessaires à son développement.

«Si l’Afrique veut des investissements,» dit Shay, «elle doit protéger ceux qui apportent l’argent. Les investisseurs sont prêts, mais ils ont besoin de systèmes qui garantissent que les fonds arrivent réellement sur le terrain. Sans cela, le continent continuera à manquer des opportunités qui auraient pu changer la vie de millions de personnes.»

Le message est clair:
L’Afrique a le potentiel de devenir l’une des régions à la croissance la plus rapide du monde, mais seulement si elle crée un environnement où l’investissement est sûr, protégé et respecté.

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