January 13, 2026

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Kigali accueille la 46e Conférence ministérielle de la Francophonie, axée sur la contribution des femmes

KIGALI, RWANDA – La 46e Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) a entamé sa session de deux jours, du 19 au 20 novembre, au Kigali Convention Center au Rwanda. Cette importante réunion internationale rassemble plus de 400 délégués et représentants des 90 États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Le thème central de la 46e CMF est « 30 ans après Beijing : la contribution des femmes dans l’espace francophone », marquant une forte coïncidence avec l’anniversaire de la Conférence de Pékin de 1995 sur l’autonomisation des femmes. Les discussions de la conférence sont axées sur le renforcement de la promotion de la langue française, la valorisation de la diversité culturelle, la consolidation de l’éducation et le soutien au développement durable. Les politiques, stratégies, orientations de gouvernance et décisions économiques adoptées serviront de base au 20e Sommet de la Francophonie, prévu au Cambodge en 2026.

Le Rwanda, un modèle en matière d’égalité des genres

Le pays hôte, le Rwanda, membre de l’OIF depuis sa création il y a 55 ans, a été mis en lumière comme un champion mondial de l’égalité des genres. Après le génocide contre les Tutsi en 1994, la nation a placé les femmes au cœur de ses efforts de reconstruction, en mettant en place des mécanismes tels que la budgétisation sensible au genre obligatoire pour tous les secteurs publics.

Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’OIF (elle-même Rwandaise et en fonction depuis 2019), a affirmé que la trajectoire du pays prouve ce qui peut être accompli en 30 ans. Actuellement, le Rwanda détient le pourcentage le plus élevé de femmes parlementaires au monde, représentant 63,75 % des députés. De plus, les femmes juges représentent près de la moitié des magistrats, jouant un rôle essentiel dans la résolution des conflits et la cohésion sociale.

Domitille Mukantaganzwa, Présidente de la Cour Suprême du Rwanda, a souligné que le Programme d’action de Pékin de 1995 reste le cadre international le plus visionnaire pour la promotion des droits des femmes et de l’égalité des genres, tout en plaidant pour une volonté politique plus forte afin de protéger les acquis.

Leaders inspirantes et défis critiques

L’un des moments forts de la cérémonie d’ouverture a été le segment « Inspiration Francophone » et un panel de haut niveau dédié à la force et à l’impact des femmes francophones. Les intervenantes ont partagé leurs expériences et mis en évidence les défis systémiques :

  • Finance et Économie Verte : Doussou Khadija Kouyate, spécialiste des questions environnementales et de la finance verte, a fait remarquer que les entreprises africaines dirigées par des femmes sont souvent « invisibles » et reçoivent moins de 3 % du capital-risque disponible. Elle a exhorté les décideurs à accélérer la finance verte en investissant directement dans les femmes.
  • Science et Technologie : Une ingénieure et mathématicienne a abordé la question des biais algorithmiques, notant que l’Intelligence Artificielle reproduit les injustices sociétales, comme on l’a vu lorsqu’une IA de recrutement d’Amazon a disqualifié des candidates, car les données d’entraînement favorisaient les hommes. Elle a souligné la nécessité d’une représentation culturelle diversifiée dans les données pour combattre les stéréotypes.
  • Zones de conflit : Marie Goretti Nduwayo, Représentante résidente d’ONU Femmes en Haïti, a lancé un appel vibrant, révélant qu’Haïti a enregistré environ 7 500 cas de violence à l’égard des femmes et des filles entre janvier et septembre de cette année. Elle a appelé à une plus grande solidarité des États francophones, à la protection des femmes en crise et à des réformes juridiques pour garantir que la justice fonctionne contre l’impunité de la violence.

Future : l’IA et les données au centre des attentions

La Secrétaire générale Mushikiwabo a appelé les ministres à lancer collectivement une nouvelle initiative concrète axée sur la formation et l’intégration des filles et des femmes dans les nouvelles technologies, notamment l’Intelligence Artificielle (IA).

La conférence a également abordé l’importance de données exploitables. La Professeure Marie Langevin, Codirectrice de l’Observatoire francophone pour le développement inclusif par le genre (OFDIG), a déclaré qu’au rythme actuel des progrès, il faudra environ 123 ans pour atteindre l’égalité des genres à l’échelle mondiale. Elle a souligné que des données solides et harmonisées sont essentielles, car l’égalité des genres est un levier majeur pour une croissance économique durable, et pas seulement un impératif moral. L’OFDIG est en train de développer une infrastructure numérique pour intégrer, harmoniser et simplifier l’accès aux données internationales et nationales sur le genre pour les décideurs.

La conférence de deux jours se conclura par l’adoption attendue de l’« Appel de Kigali », qui est destiné à tracer une vision francophone nouvelle et équilibrée pour l’égalité des genres.

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